Websitetemplate.org
...
 
 
 
 
 

...



Iceberg, 2008



FLUX
Alexandra Sà
28 février- 2 avril 2008
ESAH, le Havre

Attentive au contexte qui accueille son travail, Alexandra Sà a choisi pour cette exposition de produire de nouvelles pièces incarnant cette rencontre entre son univers plastique et la ville du Havre.

Dans le premier espace, on peut observer un cargo tournant autour du mot Iceberg matérialisé par un néon à l’apparence dégoulinante, comme en train de se désagréger. Cette image qui se déplace en cercle, sans jamais rencontrer la forme glaciaire en son centre, n’est pas sans rappeler les vidéos d’Alexandra Sà intitulées La Roda et Chutes. Dans l’une l’artiste tourne sur elle-même, aveuglée par un sac, dans un terrain vague, jusqu’à se retrouver au sol. Dans l’autre, le spectre de l’artiste, dessiné en blanc, s’anime à même les murs d’exposition, et semble se jeter en roulant dans le vide. Mais la chute n’est pas définitive. Et comme l’écrit Maëlle Dault- commissaire d’exposition et responsable des publics au Plateau, Paris- elle n’est pas une fin en soi, mais « un nouveau départ qui naît d’un déséquilibre ». Le corps effectue une révolution, mot impliquant l’idée de répétition car déterminant à la fois la rotation d’un corps autour de son axe, mais aussi celle de changement brutal, de mutation.

Dans ses dernières pièces, Alexandra Sà dirige son vocabulaire plastique marqué par les notions de circularité, de boucle, de chute, d’explosion, vers des interventions où l’objet incarne le rapport au monde du corps de l’artiste. Ainsi, la pièce Piercing présentée au Pavillon à Pantin, comme son nom l’indique, donnait à voir un gigantesque anneau blanc transperçant la maison de l’intérieur vers l’extérieur, et inversement. 
Dans Iceberg également, le corps de l’artiste est absent et c’est donc au monde qui l’entoure qu’elle applique ses questionnements. La pièce Flux qui suit dans la grande salle englobe également l’espace de manière circulaire pour finalement aboutir sur un terre-plein qui s’arrête. Net.

Le hasard qui intervient dans la construction de ce wall-drawing fait partie de cette méthode de travail de l’artiste : produire des gestes, parfois brutaux, ou jouant de maladresse et observer leur impact. Le trait de cette pièce est accidenté, à la fois dans son tracé imprécis et dans les ruptures qui interviennent et fragmentent le mouvement.
La pièce Spread délègue ce processus à une machine expulsant des confettis qui viennent se poser aléatoirement sur le mur et envahir peu à peu l’espace d’exposition de centaines de parcelles bleues. La touche de couleur lumineuse n’est pas anodine quant on sait que cette pièce, lorsqu’elle fût montrée une première fois, crachait des confettis noirs. Une façon pour l’artiste, comme elle le dit elle-même, d’ouvrir l’espace par l’introduction d’une forme monochrome et d’une couleur primaire. De format carré, les confettis apparaissent dans l’espace comme une peinture fragmentée, recomposée dans par le temps qui passe.
La photographie, prise dans la gare du Havre, HP, figurant les structures métalliques qui retiennent les haut-parleurs, rappellent l’ossature de l’iceberg comme la charpente du tremplin. Les figures apparaissent ici aussi importante que ces formes linéaires et denses qui les soutiennent.

Céline Poulin


 

 
 
 
 
 
 

Powered By CMSimple.dk - Template By Websitetemplate.org